Assise au chevet du garçon, Sylvia marmonnait de façon obsessionnelle les paroles du meilleur rituel de purification qu'elle connaissait. Invoquer le maximum de lumière dans ce corps était le seul moyen de chasser l'obscure pourriture spirituelle qui restait nichée dans le jeune c½ur. A quelques mètres d'elle, dans le couloir, se trouvait le prêtre exorciste qui l'avait précédée, homme solide de 57 ans il gisait maintenant, plus pitoyable qu'un ver de terre, au milieu de ses déjections et sécrétion sexuelle. Son esprit pieux avait été consumé lorsque l'abjection qui possédait l'enfançon avait déployée ses serres impies pour les plonger au fin fond de sa conscience y délogeant ses perversions les plus secrètes pour les attiser en un brasier blasphématoire. La Chose avait, à plusieurs reprises, tenté de faire subir le même sort à la jeune femme, mais celle-ci s'était protégée par une sphère de lumière dorée conjurée par les pratiques de protections théurgiques. Maintenant l'enfant semblait être en catalepsie, et le démon ne s'était plus manifesté depuis au moins une longue heure...Le calme avant la tempête. Le petit était le fils d'un haut dignitaire conservateur en place à Haïti, ce dernier s'était heurté aux Cultes locaux les qualifiants de « sataniques » et avait fait la demande aux nations unies de voter des lois visant l'interdiction de ceux-ci. Les représailles ne s'étaient pas faites attendre, elles s'étaient manifestées sous la forme d'une petite poupée offerte au garçonnet par un enfant noir des plus étranges. Celui-ci n'avait pas tardé à montrer des signes de possession de plus en plus intenses qui arrivèrent à leur apogée lorsqu'il dévora sa s½ur cadette, un bébé de 8 mois. Constatant l'échec des prêtres et autres psychologues qui s'étaient succédés au chevet du petit « malade », les parents s'étaient décidé à la contacter, elle Sylvia Rossini la sorcière blanche la plus médiatisée d'Europe depuis sa participation à la guérison d'un jeune fille atteinte de leucémie.